Eczema : Causes, Facteurs Déclenchants et Solutions Naturelles pour Apaiser la Peau
La cause de la dermatite atopique reste pour le moment inconnue.
Dans cet article, je vais parler des facteurs déclenchants de l’eczéma. Il y en a probablement d’autres mais ceux-là sont les plus fréquents chez la majorité des personnes atteintes de dermatite atopique.
Je vais essayer également d’apporter quelques conseils pour prévenir les crises.
QU’EST QUE L’ECZÉMA ?
La dermatite atopique était une maladie rare dans les années 50. Elle est aujourd’hui 10 fois plus fréquente en France. Quelques lignes d’explications de cette maladie : il s’agit d’une fragilisation de la barrière cutanée et un dérèglement du système immunitaire, entraînant une inflammation de la peau.
La barrière cutanée, qui est comme un mur de briques, empêche la peau de se déshydrater et bloque les substances qui viennent de l’extérieur.
Chez les personnes atteintes d’eczéma, cette barrière est affaiblie. Résultat : la peau devient plus sèche, plus fragile et laisse passer les allergènes (poussière, polluants…).
Le système immunitaire réagit alors de manière excessive et déclenche une inflammation.
Un cercle vicieux s’installe : l’inflammation provoque des démangeaisons, le grattage aggrave la barrière cutanée et intensifie l’inflammation.
QUELQUES FACTEURS DÉCLENCHANTS :
- LE FROID
Toutes les peaux sèches souffrent en hiver, surtout lorsque le froid est sec. Mieux vaut éviter la laine à même la peau. Des matières plus douces comme le coton, la polaire, la soie ou le lin seront beaucoup mieux supportées. Évitez les matières synthétiques et traitées.
- LA CHALEUR ET LE SOLEIL
Environ 90 % des dermatites atopiques s’atténuent en été. Un climat chaud et humide est parfait pour la dermatite atopique. L’exposition au soleil, en évitant les heures les plus chaudes, peut être bénéfique, à condition d’appliquer une protection solaire SPF 50+. Il est important de choisir une crème solaire bio.
- L’EAU
L’eau au contact de la peau la dessèche par 2 mécanismes : la molécule d’eau fait éclater les cellules les plus superficielles de la peau et le calcaire de l’eau peut avoir un effet décapant. Pour ces raisons, les douches trop fréquentes ou prolongées ne sont pas conseillées.
Cependant on peut améliorer la dermatite atopique avec un soin thermal.
- LES PRODUITS DE TOILETTE/COSMÉTIQUES
Mon conseil est de mettre le moins de chose sur la peau sauf la crème qui est indispensable à l’hydratation.
Pas de savon car il dégraisse la peau et chez la personne souffrant d’eczéma la peau manque d’acide gras. Choisir donc un savon sans savon.
Le pH de notre peau est à 5,5 donc pas de pH neutre qui ne convient pas du tout.
Il faut choisir l’appellation pH physiologique qui veut dire pH de la peau.
Les huiles nettoyantes sont adaptées à la dermatite atopique.
Pas de douche prolongée et éviter le bain (sauf pour les bébés). Certaines douches peuvent se faire uniquement à l’eau, sans savon.
Lutter contre la sécheresse de la peau :
- Les émollients
- Les émollients aux AG essentiels : oméga-3, oméga-6.
- Les émollients à la vitamine B3 aux vertus anti prurigineuse.
Appliquer les émollients dès la sortie de la douche sur une peau encore humide. Tamponner sans trop sécher. La crème pénètrera plus facilement sur une peau humidifiée préalablement.
- LES ALLERGÈNES
La peau ne jouant pas son rôle de barrière, des produits chimiques ou des allergènes de l’air peuvent passer à travers elle et déclencher une poussée.
Il est important donc de restaurer ce rôle de barrière par l’application de la crème émolliente tous les jours.
Faire des tests chez un allergologue peut être utile pour voir s’il y a des allergies de contact. Il en existe plusieurs : parfums, fragrances, nickel dans les bijoux, le chrome dans les peintures, les conservateurs des produits cosmétiques : parabènes…, le pollen…
La maison doit être propre et aspirée très régulièrement. Les nids à acariens sont à éviter : moquettes, gros rideaux, poufs, tapis. Nettoyer sa maison oui mais pas avec des produits agressifs. Choisir des produits plus écologiques et en mettre très peu. Parfois, il est possible de n’utiliser que de l’eau.
Notez qu’un excès d’hygiène sera délétère également car il ne permettra pas aux organismes d’apprendre à se défendre correctement.
Un juste équilibre est donc important.
Mettre très peu de lessive et la choisir liquide plutôt qu’en poudre, elle est moins agressive.
Choisir une lessive sans parfum, la plus neutre possible.
Pas d’adoucissant.
Il est très important d’aérer la maison tous les jours même l’hiver (le plus longtemps sera le mieux).
- LA SUEUR
La sueur peut aggraver la dermatite atopique.
Son pH peut être irritant en fonction de l’alimentation, surtout s’il y a une consommation excessive de sucres (voir plus bas l’alimentation anti-inflammatoire).
- L’ALIMENTATION
Même si l’alimentation n’est pas l’origine de la dermatite atopique, elle exercera une influence pas des moindres au niveau de la prévention ainsi que sur l’intensité des crises. Il est important donc que les personnes concernées connaissent les aliments « interdits », ceux qu’il faut réduire ou éviter et ceux qui font du bien : les aliments antioxydants ou anti-inflammatoires.
L’alimentation anti-inflammatoire :
Les conseils alimentaires doivent toujours être personnalisés en fonction du profil de la personne : enfant, adolescent, adulte, femme enceinte ect … mais voici ici quelques conseils génériques d’une alimentation anti-inflammatoire :
- Une grosse portion (la moitié de votre assiette) de légumes à tous les repas.
- Au moins 2 fruits par jour
- Alterner des protéines végétales et des protéines animales
- Varier les céréales, en consommant également celles qui ne contiennent pas de gluten.
- Privilégier les farines complètes ou semi-complètes.
- Faire le plein de polyphénols (fruits, légumes, thé vert, infusions rooibos, hibiscus, myrtille, grenade, cassis, betterave, huile d’olive, pommes, amandes entières, chocolat noir…).
- Consommer de bonnes graisses : colza, poissons gras, graines de lin broyées, graines de chia (les huiles doivent être bio et pressées à froid : huile d’olive, de noix, de colza, de cameline), avocats.
- Épices et plantes aromatiques : curcuma, gingembre, clou de girofle, ail, oignon, thym, romarin, basilic, laurier…
L’alimentation pro-inflammatoire à consommer avec modération :
Pour les aliments qu’il serait bénéfique de réduire, il faudrait également personnaliser car un enfant n’aura pas les mêmes besoins qu’un adulte en termes de consommation de viande ou de produits laitiers. Il est important donc surtout chez les enfants d’être accompagné avant d’effectuer un rééquilibrage alimentaire.
Les aliments pro-inflammatoires sont :
- L’excès de viande : de la viande tous les jours est un excès.
- De produits laitiers (Le lait de vache n’est pas conseillé, il peut être remplacé par des boissons végétales chez l’adulte ou par des laits de brebis ou de chèvre chez les enfants en bas âges).
- Les graisses saturées : fromages, beurre, crème fraiche, charcuteries.
- L’excès de sel : ne pas ajouter de sel à l’exception de l’eau de cuisson.
- Les produits transformés en général : les céréales du petit déjeuner, les goûters tout prêts pour enfants, les pâtes à tartiner, les yaourts sucrés, les barres chocolatées…
- Les fromages, les charcuteries, les sucres : gâteaux, sodas, biscuits, viennoiseries…
L’idéal est de privilégier les aliments bruts de saison, en agriculture bio, biodynamie ou raisonnée et locale.
- LE MICROBIOTE
Le déséquilibre de la flore intestinale peut-être un autre déclencheur de l’eczéma. L’auteur du livre « le charme discret de l’intestin », Giulia Enders a guérit de son eczéma en passant par un traitement de sa flore intestinale. Son témoignage est loin d’être le seul.
L’intestin grêle, lieu de l’absorption des aliments est censé avoir une barrière solide comme celle de la peau pour ne pas laisser passer de molécules indésirables.
Un déséquilibre de la flore intestinale peut induire un « leaky gut », c’est-à-dire un intestin passoire qui laisse passer des choses qui ne devraient pas passer et qui activent le système immunitaire. Ceci est le processus des allergies et intolérances alimentaires.
Traiter et prendre soin de son microbiote est donc indispensable surtout pour les personnes qui souffrent d’eczéma.
Ce qui est bon pour la flore : alimentation anti-inflammatoire (voir paragraphe précédent) et lire mon article sur le sujet ici
Ce qui est mauvais : les médicaments, le stress, l’alimentation pro inflammatoire, les aliments ultra-transformés qui contiennent des émulsifiants que l’on retrouve dans les mayonnaises, biscuits, dans les glaces altèrent le microbiote intestinal, provoquent de l’inflammation du tube digestif, les édulcorants, les contaminants comme le glyphosate, pesticides… la liste est longue.
Les médicaments qui interfèrent les plus rapidement avec le microbiote sont les antibiotiques. Il est donc primordial d’éviter d’en consommer.
Quelques conseils de base pour éviter de prendre des antibiotiques :
Prévenir les maladies de l’hiver : bien se laver les mains, consommer une bonne quantité de vitamine C au quotidien : 1 orange + 1 kiwi par jour est le minimum. Dormir suffisamment (au moins 8h pour les adultes, entre 10 et 13h pour des enfants de 3 à 5 ans, entre 9h et 11h pour des enfants un peu plus grands). Faire de l’exercice physique. Alimentation anti-inflammatoire (toujours elle).
Cure de vitamine D d’octobre à mars.
Faire une cure de vitamine C dès le début des symptômes : nez qui coule, gorge qui gratte…. Nettoyer le nez avec un lota et de l’eau salée.
Si vous n’avez vraiment pas pu échapper aux antibiotiques : faites une cure de pro biotiques (il est important de bien les choisir pour être sûrs de prendre les bonnes souches donc demandez conseil).
- LES TROUBLES DIGESTIFS
Si vous en avez, il est important de consulter car ils peuvent être des facteurs déclenchants de la dermatite atopique. Il est donc indispensable de traiter.
- LE STRESS
L’eczéma n’est pas une maladie psychosomatique. L’anomalie de la peau est bien identifiée (barrière poreuse). Cependant des événements stressants, des émotions fortes peuvent avoir un impact sur la peau. De nombreuses techniques permettent de mieux gérer le stress, comme le yoga, la méditation, la sophrologie, le sport ou la musique. Une bonne hygiène de vie (alimentation, sommeil) et un accompagnement psychologique peuvent également être bénéfiques.
Quelques astuces qui pourraient soulager les peaux atopiques
L’eau florale de plantain à appliquer sur la peau avant la crème. Le plantain a des propriétés anti-inflammatoires et aide à réduire les démangeaisons et les rougeurs.
L’huile de Bourrache riche en acides gras polyinsaturés et en acide gamma-linolénique va hydrater la peau en profondeur. La bourrache a des propriétés anti-inflammatoires et apaisantes.
Utilisation d’eau thermale.
Consommez des oméga-3 dans votre alimentation au quotidien (voir plus haut).
Le froid peut soulager une peau enflammée qui gratte, il aura donc un pouvoir anesthésiant. Il est possible par exemple de pulvériser de l’eau thermale préalablement rafraîchie au réfrigérateur et de ventiler ensuite sur les zones affectées.
Avoir toujours les ongles courts et propres pour éviter de s’écorcher et de s’infecter.
Ne pas surchauffer la chambre. Dormir sans chauffage.
Le plus important dans l’eczéma est de comprendre tous les mécanismes qui contribuent à déclencher les crises de façon à les prévenir au mieux.
Sources : CFNA (école de nutrition), Pierre Fabre Eczema Foundation, Dr Magali Bourrel-Bouttaz, Formation sur l’eczema à l’Hopital Lyon Sud + mon observation personnelle.